Présentation

Je viens de terminer une série documentaire comprenant 80 épisodes de 7mn, racontant la vie d'un atelier d'arts plastiques, dans le cadre des activités proposées aux patients de l'établissement public de santé mentale de l'agglomération lilloise.

La forme série documentaire ne s'est pas imposée à moi d'emblée. A une recherche d'individualités présentant des troubles mentaux marquants, s'est substituée une observation de la vie sociale de l'atelier, tout en suivant le travail créatif de chacun.

Je ne voulais ni dramatiser ces troubles ni en nier l'importance. Il s'agissait pour moi d'éviter une double ornière : la maladie qui fait rire ou la maladie qui fait peur.

Dans la plupart des films montrant la maladie mentale, films documentaires ou films de fiction, ce qui frappe, c'est le fossé - la béance - qui sépare le spectateur des personnes qu'on lui donne à voir.

C'est en voulant combler cette béance que c'est imposée l'idée de la série, forme dont la caractéristique première est de créer une familiarité avec les personnages à l'écran.

Cette série sera diffusée prochainement sur le site de l'établissement, de façon hebdomadaire. Je mettrai un lien sur mon site.

J'ai commencé une nouvelle série pour le même établissement, en suivant cette fois des patients qui animent une émission de radio hebdomadaire : les "Z'entonnoirs".

Quelques repères biographiques

Il y a quatorze ans, j'ai repris mon travail photographique personnel et ouvert ce site.


Depuis six ans, je développe une activité cinéma, m'appuyant sur les nouveautés techniques qui permettent de faire de l'image animée de qualité, avec un matériel léger. 


Mon père, Louis, directeur photo, notamment pour la télévision française, au cours des années 1950, 1960, 1970 m'a beaucoup appris sur la lumière et ses infinies subtilités.

Il m'a souvent parlé de Henri Cartier-Bresson, ce photographe qui s'effaçait derrière l'universalité de son propos. A 14 ans, il m'a emmené voir une exposition qui lui était consacrée. J'ai pris la photo de "Charonne" en pleine figure.

Après mon bac, en 1969, j'ai suivi les cours du soir de l'école de photographie de la rue de Vaugirard, à Paris, en même temps qu'un cursus de sciences humaines, à Nanterre puis à Jussieu.

A Nanterre, en 1969, j'ai eu comme professeurs Jean Rouch et Henri Langlois. L'apport de Jean Rouch à ma formation m'est apparu sous un jour nouveau, plus riche, en réalisant mon film à l'hôpital psychiatrique. Quelque part, je fonctionnais un peu comme l'ethnologue qu'il était. Cela a ravivé dans mon esprit quelques unes des problèmatiques fondamentales du cinéma : les rapports entre filmeurs et filmés ; la place de la fiction dans le documentaire ou réciproquement... J'évoque ces questions dans ma rubrique Corpus.

Avec le recul du temps, je dois reconnaitre que Jean Rouch a achevé de m'inoculer le virus du cinéma documentaire déjà bien présent dans mon milieu familial. Mais ce virus ne s'est réveillé qu'avec la révolution numérique, une révolution qui permet une indépendance de moyens, et donc d'esprit, incommensurable.

A Jussieu, en 1970, j'ai découvert l'intensité intellectuelle d'Althusser, dont certaines intuitions demeurent, selon moi, indispensables pour avancer vers un monde plus cohérent, ne serait-ce qu'en promouvant une économie fondée sur les coopérations et non plus les dominations, ce qui suppose de repenser les rapports entre l'individu et la société.

Mon parcours professionnel m’a fait cheminer du journalisme à la communication en passant par l’édition. J'ai fait - un peu - partie de ce que l'on  appelait les intellectuels communistes (sous-catégorie iconoclaste). Je me permets de préserver un petit coin de ma cervelle pour le maoisme et un autre pour l'érotisme.

J'ai travaillé avec le député-maire de Vénissieux, André Gerin, notamment pour l'écriture de son livre "Les Ghettos de la République".

Ma carrière a commencé au quotidien Liberté, à Lille. Trente ans plus tard, j'ai choisi de m'installer dans le Nord, dont je ne suis pas originaire, mais que j'aime tant.


Je suis auteur notamment de :
« Drancy au fil de la vie » (photo et texte), ed. Atlas
« Calais dentelle, une passion à fleur de peau » (texte), ed. Graphein
« Les quatre saisons de l’Hérault » (photo et texte), ed. du Conseil général
« Vénissieux, un autre regard » (photo), ed. La Passe du vent


(Actualisation septembre 2019)


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